Chapitre 1 : Musique de films érotiques

Allez, Antonin, tu ranges ta clarinette et tu t’assoies à ta place, le cours va commencer. Aujourd’hui, nous allons nous pencher (mais pas trop fort) sur cette chose que l’on remarque peu tant notre cerveau est concentré : la musique des films pornographiques et érotiques. Quasi disparue depuis les années 2000 (comme les tamagotchis et les bons films de Tim Burton) à cause de l’explosion de la production de films porno et du coût des doits d’auteur (Adieu à la levrette sur du Marvin Gaye), la musique sur laquelle les coups de reins fusaient était choisie avec plus de soin dans les années 70-80 autour du monde. Du balai le classique saxophone groovy, aujourd’hui on va écouter du vrai son les djeuns (je t’entends rire, Jason).


Douce France

En quelques sortes le 50 Shades of Grey de tes parents, Emmanuelle est un film érotique de Just (LeBlanc) Jaeckin sorti en 1974. Incroyable succès au cinéma français si bien qu’il est resté 10 ans à l’affiche (553 semaines pour les matheux comme Delphine). La musique (clique, Timéo) du premier volet et de quelques autres ensuite (1, 5 et 7) et de la série a été composée par le grand Pierre Bachelet (c’est celui qui chante Lescorons). Histoire d’O, du même réalisateur, nous propose une musique digne des Daft Punk vintage : https://www.youtube.com/embed/Yqq9zFCaqvY?feature=oembed Motel Show, Just Jaeckin

Avant que le fameux Pierre Bachelet accepte de composer les musiques d’Emmanuelle, c’est ce “gentleman” brûleur de billet, j’ai nommé Serge Gainsbourg qui aurait refusé l’offre. “Heureusement”, quelques années plus tard il se rattrape : Good bye Emmanuelle.


L’empire des sens

Pour revenir à du plus sérieux parce qu’on rigole pas ici, en 1976 Nagisa Oshima sort l’Empire des sens, un film franco-japonais qui parle de la relation douteuse d’une ancienne prostituée qui espionne ses maîtres et se tapent des vieux vicelards et un homme marié. Le groupe Air signe la musique aux airs d’harpe traditionnelle japonaise (oui, la grosse guitare des grecs, Rachel…). https://www.youtube.com/embed/7e6U85ea2j0?feature=oembed


Make America great again !

Passons de l’autre côté de l’océan Atlantique pour s’échouer sur les plages de nos voisins les Etats-Unis. Dans les années 70 sortait The Devil in Miss Jones mais surtout Deep Throat de Gerard Damiano (Gorge Profonde pour les LV1 Allemand). Avec un scénario des plus recherché : l’héroïne a son clitoris au fond de la gorge (pourquoi pas, après tout), c’est surtout la première musique de film porno basée sur des effets sonores spécialement composés avec notamment de splendides explosions de bombes à la Michael Bay pendant que le groupe joue une musique patriotique (et vive les Etats-Unis). https://www.youtube.com/embed/uflDfx9cSyM?feature=oembed


Moment calme avec la musique délicate et inspirée d’Alden Shuman pour The Devil in Miss Jones de Gerard Damiano en 1973 : cordes, orgues et vibraphones lyriques, et surtout un thème mélodique au piano, repris tout le long du film. https://www.youtube.com/embed/pQf8Cef5oR8?feature=oembed


La blonde, la bite et le gland

N’est pas en reste notre regretté compositeur italien : Ennio Morricone. Délaissant ses santiags pour un slip léopard trop serré, Momo signe en 1979 la musique du film Dedicato al mare Egeo accompagné des cris de l’actrice Cicciolina. https://www.youtube.com/embed/a_gww_iEWV4?feature=oembed


“C’était mieux avant” ?

En 2001 Snoop Dogg se dit, déjà “et si je me roulais un gros oinj sa mère” mais surtout, que les clips sont trop softs à son goût. Il décide alors de produire Snoop Dogg’s Doggystyle (c’est un jeu de mots avec la position du même nom, Ruben) : un melting pot de clips, de musiques et de scènes porno explicites avec quelques stars du milieu (Marcus, India, pour les connaisseurs) avec un Snoop Dogg qui déambule autour d’une piscine de filles en bikinis mais “No homo” : les mecs sont tous habillés et passifs-agressifs, alors que deux ou trois filles font semblant de se lécher en arrière-plan. https://www.youtube.com/embed/E0JK9kmJMnI?feature=oembed Extrait du fameux Snoop Dogg’s Doggystyle

Beaucoup plus récemment, Vex Ashley (Four Chambers, si tu as bien suivi Léopoldine, tu sais qu’on en a déjà parlé dans Un peu plus d’Art et de Cul) est une réalisatrice de films explicites alliant autant l’image que la musique dans une toute autre expérience que ce que l’industrie pornographique propose généralement.

Watching porn with the sound off never did it for me, it feels flat and stale. In the same way that you turn the sound off watching a horror movie so it stops being scary.

Vex Ashley

J’espère qu’avec tout ça vous avez refait votre stock de musique ET de film porno pour la rentrée. Nous, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle heure de cours dans la Classe du Q et en attendant, n’hésitez pas à utiliser à bon escient votre flûte à bec !