Warning: count(): Parameter must be an array or an object that implements Countable in /home/openbart/public_html/wp-content/themes/peak-Theme/single-portfolio.php on line 6

3 mars ! Le Striptease

Bah oui, forcĂ©ment, Ă  un moment on allait parler de striptease. Du spectacle, de la danse et du cul, sur Open B’art on appelle ça un combo gagnant et un article tout frais pour Histo’Art de Cul !

Je vous propose donc un petit aperçu rapide de l’origine du striptease, de son dĂ©veloppement et de ce qu’il en est aujourd’hui. Et pour le bonus parce que les bonus c’est toujours agrĂ©able, je vous propose de dĂ©couvrir un personnage incroyable : Mata Hari. J’en dis pas plus et commençons sans plus attendre.

Les fondements du striptease

Concrètement le striptease (appelĂ© aussi “effeuillage“) est un spectacle Ă©rotique durant lequel la danseuse ou le danseur retire progressivement ses vĂŞtements pour finir nu.e ou dĂ©vĂŞtu.e. Je vous dirais bien que le striptease existe depuis la prĂ©histoire. Qu’un soir avant d’aller se coucher, Lucy notre arrière-grand-mère Ă  tou.t.e.s a dĂ©cidĂ© d’enlever sa peau de bĂŞte en effectuant quelques pas sensuels autour d’un feu sous les sifflements de toute la tribu. Mais l’histoire n’a pas encore admis cette thĂ©orie.

L’info la plus Ă©loignĂ©e sur le concept du striptease nous viendrait directement de la Bible. Elle concernerait une certaine princesse juive nommĂ©e SalomĂ© qui effectua la “Danse des sept voiles” afin de sĂ©duire son beau père pour qu’il coupe la tĂŞte d’un mec (on est loin du concept de JĂ©sus qui distribue des petits pains Ă  tous ses potes, c’est aussi ça la magie de la Bible). Mais si on veut autre chose qu’un mythe biblique comme fondement du striptease, on peut faire un bond d’environ 2000 ans pour dĂ©barquer en France en 1894.

C’est au Divan Japonais, une salle de spectacle parisienne, qu’aura lieu le premier striptease lors d’une reprĂ©sentation. La comĂ©dienne Blanche Cavelli joue le personnage d’une femme qui se languit de l’absence de son mari parti Ă  la guerre, et qui se dĂ©shabille devant une photo de lui pour finir totalement nue devant le public. Une idĂ©e plutĂ´t bonne apparemment parce qu’Ă  partir de cette date, le concept du striptease se rĂ©pandra Ă  travers les âges et les pays.

Les lieux du striptease

L’Ă©volution et l’expansion du striptease en Occident peuvent ĂŞtre rĂ©sumĂ©es en un seul mot et en un seul lieu : le Cabaret.

Bien avant que Patrick Sebastien ne s’approprie le terme avec ses numĂ©ros de magie, le cabaret Ă©tait un lieu oĂą chacun.e venait manger, boire et assister Ă  des spectacles en tout genres… bon ok c’est exactement comme avec Patrick en fait. Et le Paris de la Belle Époque (pĂ©riode de progrès sociaux, Ă©conomiques, technologiques et politiques en France au dĂ©but du XXe siècle) regorgeait de ces cabarets qui sont vite devenus connus Ă  l’international et on lancĂ© une mode encore prĂ©sente aujourd’hui. Si je vous donne des noms comme Le Chat noir, les Folies Bergère ou Le Moulin Rouge peut ĂŞtre que ça vous Ă©voquera quelque chose.

Tous ces lieux sont nĂ©s dans une optique de divertissement accessibles Ă  tou.te.s et on y venait pour boire, manger, fumer retrouver des amis ou des prostituĂ©s, et passer la soirĂ©e devant toutes sortes de numĂ©ros. Avec le temps, ces Ă©tablissements sont rapidement devenus des lieux emblĂ©matiques de spectacles, danse et chant durant lesquels on pouvait voir diffĂ©rents interprètes, dont des interprètes fĂ©minines plus ou moins dĂ©nudĂ©es (on est sur du “moins”, clairement). Aujourd’hui, un grand nombre de ces cabarets existent toujours et continuent Ă  proposer des spectacles dans le mĂŞme esprit qu’Ă  l’Ă©poque (sauf pour le prix) et sont donc les descendants directs de la naissance du striptease.

Le striptease aujourd’hui

Aujourd’hui, mĂŞme si le principe du striptease reste le mĂŞme (une danseuse ou un danseur qui se dĂ©shabille), il a su se diversifier et se populariser au sein de la population. Voici deux Ă©volutions notables :

– Dans les annĂ©es 80’s Ă  Los Angeles, un entrepreneur indo-amĂ©ricain du nom de Somen Banerjee dĂ©cide d’acheter une boĂ®te de nuit en faillite et d’y proposer des spectacles de striptease, mais la particularitĂ© est d’y faire danser des hommes et non pas des femmes. Une première aux États-Unis et un succès immĂ©diat. Le terme de Chippendale que l’on connaĂ®t, est une rĂ©fĂ©rence Ă  Thomas Chippendale, un crĂ©ateur de meubles anglais du XVIIIe siècle. Le mobilier du club de striptease Ă©tant inspirĂ© de ses travaux, c’est ce nom qui a Ă©tĂ© gardĂ© pour dĂ©signer encore aujourd’hui des hommes qui font des stripteases.

– Je suis obligĂ© d’Ă©voquer le “New Burlesque” si je parle de striptease. Je vous laisse dĂ©couvrir ce qu’on a dĂ©jĂ  Ă©crit dessus sur Open B’Art dans cet article, mais pour rĂ©sumer ça rapidement : le new burlesque est une discipline nĂ©e dans les annĂ©es 90’s qui propose des spectacles durant lesquels peu importe votre âge, taille, poids et couleur de peau, vous vous mettez en scène pour vous dĂ©shabiller. Cette discipline a permis entre autre une grande dĂ©mocratisation du striptease et aujourd’hui on trouve dans le monde entier des cours de burlesque, d’effeuillage ou de pole dance (discipline de danse autour d’une barre verticale fixĂ©e au sol).

VoilĂ  qui met fin Ă  cette histoire du striptease, de sa première prestation historique au strip club que vous pourrez trouver au coin d’une rue. Mais avant de vous laisser, je voulais quand mĂŞme vous parler d’un personnage incroyable qui a marquĂ© l’histoire sous bien des aspects, Mata Hari.

Mata Hari – Du cul Ă  l’Ă©chelle mondiale

Avec un nom comme celui-lĂ , on sent bien le petit cĂ´tĂ© hollandais non ? (non !) Margaretha Geertruida Zelle est une jeune femme mariĂ©e très/trop tĂ´t Ă  un officier de la marine et qui se retrouve Ă  vivre sur l’Ă®le de Java quelques annĂ©es. Durant son sĂ©jour lĂ -bas elle y apprend la langue, les coutumes ET les danses du pays. Suite Ă  un destin pas vraiment enviable (mari violent, enfant qui meurt empoisonnĂ©, divorce et perte de la garde de son autre enfant), elle finira Ă  Paris Ă  se faire entretenir par des hommes contre des… “services” on va dire ?

Un jour, on lui demande de venir danser lors d’une soirĂ©e mondaine et lĂ … changement de vie. Elle s’invente une histoire et devient jusqu’Ă  sa mort Mata Hari, une danseuse orientale nĂ©e Ă  Java. Durant cette soirĂ©e, elle effectue un numĂ©ro de danse orientale durant lequel elle se dĂ©nude sous les yeux des spectateurs, ce qui lui vaudra une reconnaissance dans tout Paris et une grande richesse par la suite.

Mais ça s’arrĂŞte pas lĂ , ce serait trop simple. Ă€ chaque spectacle dans les capitales d’Europe elle sĂ©duit des hommes de toutes nationalitĂ©s et de tous partis politiques. Jusqu’Ă  ce qu’un officier allemand lui demande de devenir espionne pour rĂ©colter des informations sur la France. En temps de guerre, une Hollandaise (pays neutre Ă  l’Ă©poque dans le conflit) qui parle plusieurs langues et qui peut se dĂ©placer sans problème grâce Ă  des spectacles de danse, c’est un Ă©lĂ©ment prĂ©cieux.

Durant ses voyages, elle tombe amoureuse d’un soldat, et en allant le visiter, elle se fait contacter par la France pour faire du contre-espionnage et donner des renseignements sur l’Allemagne. Elle accepte ce nouveau rĂ´le de double espionne contre de l’argent et commence sa vie de “stripteaseuse espionne” au cĹ“ur de la Première Guerre Mondiale. On va pas se mentir, le marchĂ© de l’emploi dans ce domaine Ă©tait assez fermĂ©.

Finalement, basĂ© sur des soupçons (dont on ne sait toujours pas s’ils sont fondĂ©s ou non), la France la jugera comme traĂ®tre et elle sera fusillĂ©e en 1917, en demandant Ă  ne pas avoir de bandeau sur les yeux pour regarder ses bourreaux en face et leur dire « Quelle Ă©trange coutume des Français que d’exĂ©cuter les gens Ă  l’aube ! Â». Des Ă©lĂ©ments qui font perpĂ©tuer la lĂ©gende de son personnage de Mata Hari.


Et c’est sur ces mots que s’achève cet article sur le Striptease, je vous souhaite plein de belles choses et vous donne rendez-vous dans un mois pour une nouvelle Ă©dition d’Histo’Art de Cul !