Histo’Art de Cul – Casanova et Don Juan

Casanova et Don Juan

Je vous propose de replonger en douceur dans le monde du cul avec des “experts” en la matière. Et si je reste prudent avec le terme d’expert, c’est parce que finalement, à part leur nom et vaguement leur réputation, qu’est ce qu’on connaît vraiment de ces 2 petits fripons ? (oui j’ai osé le mot).
Voici donc le thème de cette nouvelle édition d'”Histo’Art de Cul“. Deux noms, deux histoires, et une multitude de culs !


Casanova


Est ce qu’il y a une raison particulière de commencer par lui ? Absolument pas !


Giacomo Casanova est né en 1725 à Venise et la majorité de ce qu’on sait sur lui aujourd’hui vient de son autobiographie d’environ 4000 pages qui s’intitule “Histoire de ma vie“.
La liste de ce qu’il a été au cours de sa vie est longue (espion, diplomate, écrivain, magicien, violoniste et bibliothécaire), mais c’est pas tant pour ses capacités à ranger les livres qu’il est connu, mais plus pour ses nombreuses conquêtes et pour la grande aventure qu’a été sa vie. On parle de 142 partenaires sexuelles de ses 15 à 73 ans, et d’une philosophie libertine qu’il pratiquera jusqu’à sa mort.

Portrait de Giacomo Casanova – Vers 1760

Libertinage et mode de vie

Pour lui, le libertinage est une philosophie de vie, selon laquelle l’individu peut s’émanciper de son statut social par l’affirmation de son corps.

Pour résumer ça, peu importe votre place dans la société (que vous soyez noble ou pauvre), grâce au cul vous pouvez sortir de ce statut. Si vous avez des relations sexuelles avec un.e prince.sse et que vous êtes mendiant, déjà bien joué à vous, mais au moment de l’acte sexuel, ce statut social disparaît grâce au sexe qui vous libère.

Autre point intéressant pour l’époque, Casanova voyait le plaisir comme quelque chose qui se partage. Ça peut faire rire aujourd’hui (encore que…) mais pour le 18e siècle c’était clairement pas la norme. Est-ce que c’est le fait de penser à sa partenaire qui lui a valu son titre légendaire de maître du cul ? Je vous laisse lire les 4000 pages de sa biographie pour vous faire une idée.

Histoire de finir sur Casanova sans l’élever au rang de saint, il est bon de préciser que quand Casanova avait une envie d’une partenaire, il était prêt à tout, laissant de côté les bons sentiments et le consentement. Il faut donc ajouter manipulation, mensonge voire viol dans certains cas à sa liste de méthode de séduction. La légende raconte même qu’il aurait enfanté sa propre fille qui était mariée à son frère… Pourquoi pas hein ? (non vraiment faut pas faire ça).

Une vie d’aventures, je pense que c’est comme ça qu’on peut résumer le parcours de Casanova. Aventures à travers le monde, à travers les activités et à travers les relations !


Don Juan

Difficile d’avoir des informations précises sur son nom ou sa date de naissance puisqu’en réalité Don Juan n’a jamais existé physiquement. Il est apparu pour la première fois dans une pièce de théâtre au 17e siècle en Espagne, et il est rapidement devenu un mythe qui fut adapté par la suite en œuvre musicale, littéraire, picturale ou cinématographique (je mets des petites couleurs parce que c’est plus joli).

Un mythe qui perdure

Alors pourquoi finalement un personnage de pièce de théâtre se retrouve t-il toujours aussi connu des siècles plus tard ? Deux raisons à ça.

La première raison, c’est qu’à cette époque la religion est dominante partout en Europe et c’est elle qui dicte notre conduite. Si les autorités religieuses nous disent de ne pas sombrer dans le péché de la chair (le cul), les vices matériels et de suivre les lois de l’état, il faut le faire. Sinon vous allez brûler en enfer pour “environ” l’éternité (on n’est pas sûr de la durée exacte, mais c’est long).

Le personnage de Don Juan est exactement l’opposé de tout ça : rejet des règles sociales et religieuses, morale égoïste et libertinage. Et c’est par sa relation aux femmes et ses conquêtes que cette morale ressort. Mais comme la vie est bien faite, à la fin le méchant est puni et on se rend compte qu’il vaut mieux vivre dans la voie de Dieu pour éviter un châtiment terrible. On vit donc les excès de Don Juan par procuration, mais on se sent rassuré parce qu’on se rend compte que si on fait ça, on subit le courroux des dieux, donc on continue notre petite vie comme si de rien.

La seconde raison, c’est parce que le mythe a été repris par de nombreux artistes plutôt connus. Molière et Mozart entre autres, deux intermittents du spectacle qui ont plutôt réussi à percer dans le milieu.

Molière en a fait un personnage d’une pièce de théâtre : “Dom Juan ou le Festin de Pierre” en 1665.

Mozart en a fait un opéra intitulé tout simplement “Don Juan” en 1797.

Dans ces deux œuvres, le personnage de Don Juan est un homme qui vit pour les jouissances physiques et qui séduit de nombreuses femmes mariées ou non, avant de finir châtié par Dieu/le destin/la vie/Bouddha (choisissez votre option). On retrouve le même schéma que l’œuvre originale dont il est tiré.

C’est ce personnage qui se défie totalement de l’ordre moral qui a fasciné et séduit les artistes de chaque époque. On pourrait ajouter Mérimée, Pouchkine, Byron, Dumas ou encore Baudelaire à la liste de ceux que Don Juan a inspiré et qu’il continue d’inspirer encore aujourd’hui. Et si le terme nous est familier c’est bien que le mythe a perduré jusque là et qu’il n’est pas prêt de finir.


On pourrait s’étendre longuement sur la vie de ces deux figures mais l’idée était d’en apprendre juste suffisamment pour pouvoir briller en société la prochaine fois que vous entendrez l’un de ces noms.

Je vous souhaite donc bonheur, gloire et prospérité jusqu’au mois prochain et plein de belles choses à vous d’ici là !