2 septembre – le Kamasutra

Je sais que je suis pas le seul à avoir pensé que le Kamasutra était une liste de positions sexuelles devant lesquelles on se dit : “sérieusement ? mais comment sa jambe peut être à deux endroits en même temps … à moins que…

Mais non. Même Google peut avoir tort (ha ha… peut-être que le site va disparaître pour avoir fait cette blague) quand on voit les résultats qu’ils proposent en tapant “Kamasutra” dans la barre de recherche.

Je vous propose donc de découvrir ça plus en détails dans ce nouveau chapitre d’Histo’Art de Cul.

Statue du temple du Kamasutra

Contexte de l’œuvre

On est en Inde, on est IVe siècle et un mec qui s’appelle Vãtsyãyana a décidé de réunir en un seul livre tous les apprentissages concernant l’amour, le désir et les plaisirs sensuels. Vous l’aurez compris, ce livre, c’est le Kamasutra.

Et le cul dans tout ça ?

Très bonne question Jamy ! (je me parle tout seul si je veux) car le cul n’a qu’une petite place dans l’ensemble du Kamasutra.

Le principe de ce texte est d’aborder tous les sujets qui traitent de l’amour au sens large, et ça va de l’art de la séduction, à celui de renouer avec un ancien amant jusqu’à la confection d’un aphrodisiaque.

De là à dire qu’on a rendu le Kamasutra “bankable” on est à un pas que je vais franchir… MAINTENANT !

À la base le Kamasutra était uniquement une œuvre manuscrite, destinée à une classe de population aisée (puisqu’ils étaient les seuls à savoir lire). Les illustrations sont apparues au XVIe siècle pour le rendre accessible à tout le reste de la population.

Le Kamasutra en Occident

On doit sa traduction à Sir Richard Burton et Arbuthnot en 1883. Mais comme à l’époque on n’a pas vraiment le droit de dire qu’on aime le cul, l’ouvrage est illégal au Royaume-Uni jusqu’en 1963.

La volonté de rendre ce livre public était d’ailleurs tout à fait louable, et la réflexion d’Arbuthnot était que : “si les hommes faisaient mieux l’amour à leur femme, toute la population en bénéficierait”… grand prince cet Arbuthnot.

Illustration réalisée à partir du Kamasutra

Des leçons à tirer, mais pas que

Si l’idée de donner des conseils sur l’amour et la sexualité est bonne, il faut quand même se rappeler que le contexte et l’époque, font que ce livre n’est pas vraiment un ouvrage qu’on pourrait considérer féministe aujourd’hui.

Bien !

« Lors de l’acte sexuel, si les pensées des deux partenaires sont différentes, c’est comme s’il y avait l’union de deux cadavres. »

En lisant le Kamasutra, on comprend que le but est de permettre à chacun (homme et femme principalement, même si les relations homosexuelles sont abordées) de s’épanouir, autant dans la relation avec l’autre que dans l’acte sexuel.

Il est rappelé à de nombreuses reprises que les deux partenaires se doivent le respect et veiller à chaque moment au désir de l’autre et à la/le combler en utilisant diverses méthodes expliquées et conseillées.

“Quelque chose que l’un des amants fasse à l’autre, celui-ci doit lui rendre la pareille : baiser pour baiser, caresse pour caresse, coup pour coup.”

Illustration de Milo Manara tirée de son ouvrage Kamasutra

Pas bien !

Le contexte d’une œuvre est important à avoir afin de comprendre comment cette œuvre a été faite. Par contre, le contexte ne sert pas à excuser certains comportements ou messages, même si l’œuvre a plus de 1500 ans.

La place de la femme a malheureusement, et trop souvent, été réduite à ce que l’homme a voulu en faire. Et ce depuis… je dirais bien depuis toujours en fait.

Et le Kamasutra ne fait pas exception à cette règle. Par exemple, l’ouvrage liste les types de femmes qui ne méritent pas le mariage (la liste ne s’applique pas aux hommes) :

Celle qui est défigurée

Celle qui est courbée

Celle qui a des formes de garçon

Celle qui a été polluée par d’autres

Celle qui a un nom malsonnant

Etc…

Dans le même ordre d’idées, il énumère une liste de raisons qui autorisent un mari à trouver une nouvelle femme (avec l’idée que l’ancienne femme devra aider la nouvelle à se faire aimer par ce mari… évidemment) :

Folie ou mauvais caractère d’une femme

Dégout que son mari éprouve pour elle

Naissances continuelles de filles

Incontinence du mari (faut croire que c’est à cause de la femme…)

– Etc…

Le but n’est pas de faire la liste des choses bonnes ou moins bonnes du Kamasutra (ce serait ridicule de faire une section “Bien” et “Pas bien” par exemple…) mais simplement de donner quelques pistes et apporter des réflexions quant à ce livre… et parler de cul aussi, c’est important.

Tout ceci étant bien évidemment un avis personnel, je vous invite à vous faire une idée plus précise en lisant le livre qui est dans le domaine public, donc accessible gratuitement et légalement, ici : Kamasutra.

Des faits, du cul et des images

On a abordé la partie sérieuse de l’article, je vous propose maintenant de finir en légèreté et en images avec deux aspects à retenir du Kamasutra.

Illustration de Malika Favre

Finalement y’a combien de positions à connaître ?

J’aurais aimé rendre ça impressionnant en disant qu’il en existe des millions, mais le Kamasutra n’en recense “que” 64. Plusieurs théories existent sur ce nombre et je vous propose celle qui explique que ce sont les 64 arts différents qu’il faudrait maîtriser.

Parmi ces arts, certains sont plus classiques comme la danse ou le chant, et d’autres sont plus… spécifiques ? comme la fixation de verres de couleur sur un plancher, l’art de tracer des diagrammes mystiques ou le jeu des verres musicaux. Des belles soirées d’apprentissages en perspective.

Illustrations de Victo Ngai

Parce qu’en fait si, la taille ça compte !

Le Kamasutra a quand même décidé de nous éclairer sur les différentes compatibilités entre les tailles de sexes féminins et masculins. Selon l’ouvrage, chacun.e de nous se situe dans une de ces catégories, et il faudrait donc adapter nos rapports sexuels en fonction de la catégorie de notre partenaire. On dénombre :

3 types d’hommes : Lapin – Taureau – Cheval

3 types de femmes : Biche – Jument – Éléphant

Et maintenant je vous laisse le soin d’imaginer toutes les combinaisons possibles et (de)conseillées qui seront sûrement les mêmes dans le Kamasutra.


C’est sur ces belles paroles que je vous remercie d’être arrivé.es jusqu’ici dans l’article, et vous donne rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle Histo’Art de Cul !