2 décembre – Performance artistique (de cul)

Ami.e.s du cul, ami.e.s des arts, vous êtes au bon endroit !

Ce mois-ci, je vous propose d’aborder une partie plus récente et moins connue de l’art : la performance artistique. Là, peut être que vous vous imaginez des gens nus dans une rue qui jouent à la marelle en criant “Je suis un mille-feuille”… et bien sachez que vous n’êtes pas loin de la réalité.

Je vous propose un petit aperçu de 4 artistes différents pour présenter ce sujet, en apprendre plus sur la performance artistique (de cul) et peut être vous inspirer pour le prochain repas de famille ?

Marina Abramović – “Imponderabilia” (1977)

Artiste serbe née à Belgrade en 1946, Marina Abramović est, comme elle se définie elle même, “la grand mère de l’art performance”. Connue depuis ses débuts pour pousser le corps de l’artiste à l’extrême, elle se met régulièrement en danger au point d’avoir failli mourir lors de certaines représentations.

Je vous invite à découvrir ce qu’elle a fait dans sa vie (en cliquant ici), mais parlons de cul plus que de mort avec sa performance Impoderabilia qui a eu lieu en 1977 à Bologne (Italie).

Le principe est simple : Prenez une galerie d’art dans laquelle il n’y a qu’un seul moyen d’entrer. Placez dans l’ouverture de la porte un couple nu qui se regarde dans les yeux, et maintenant observez les visiteurs qui doivent se frotter aux corps des performeurs pour entrer.

Font-ils face à l’homme ? ou à la femme ? est ce qu’ils croisent le regard de l’artiste en passant ou baissent-ils les yeux ? Qu’ils le veuillent ou non, chacun.e est spectateur ET acteur de la performance à partir du moment où ils décident d’entrer dans la galerie.

Yves Klein – “Anthropométries” (1958)

Artiste français né en 1928 à Nice et mort à Paris en 1962, il est principalement connu pour avoir inventé une couleur qu’il nommera simplement “IKB” (International Klein Blue).

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est sa série des Anthropométries qu’il débute en 1958. L’idée lui vient dans son appartement, de peindre en bleu le buste et les cuisses d’une femme, puis de lui demander de venir se coller à une feuille contre le mur.

Il décidera plus tard d’élever cette expérience au stade de performance en proposant à un public d’assister à la représentation.

Le public devait obligatoirement venir en costume de soirée, un orchestre jouait une note unique pendant 20 minutes, puis enchaînait avec 20 minutes de silence. Pendant ce temps, 3 femmes nues entrent, se recouvrent de peinture (bleue) et obéissent à l’artiste en venant se coller à une toile pour y laisser leur marque. Ça demande un peu d’organisation mais ça fait des bonnes idées de cadeaux de Noël si jamais…

Milo Moire – “PlopEgg” (2014)

Artiste suisse née en 1983, elle est connue pour mettre la nudité et la sexualisation du corps au cœur de ses œuvres. Elle questionne par ce biais la place de la femme dans la société.

La performance dont il est question, a eu lieu devant l’entrée d’une grande foire internationale d’Art Contemporain à Cologne (Allemagne). L’artiste se tenait nue, debout sur des tréteaux, les jambes écartées au-dessus d’une toile. Puis elle pondait (littéralement) des œufs remplis de peinture par le vagin.

Chaque œuf éclaté sur la toile avait pour but de représenter ce que les femmes doivent endurer, mais qui n’est jamais représenté : règles, sécrétions vaginales, urine, excrément. Faire cette performance en plein air à l’entrée d’un événement public oblige donc les passants à se confronter à cette réalité.

Piotr Pavlenski – Fixation (2013)

Et je vous propose de finir avec quelque chose d’un peu plus… (russe) intense ?

Artiste russe né en 1984 à Leningrad, il est surtout connu pour ses performances souvent controversées et pouvant être assez extrêmes.

Fixation” fait partie de cette catégorie puisqu’elle a consisté à ce que Piotr Plavlenski se fasse clouer les testicules sur la place rouge de Moscou le jour de la célébration de la police russe. Le but était de représenter l’indifférence de la politique face à la société russe aujourd’hui.


Voilà qui met fin à ce petit voyage qui a présenté brièvement quelques artistes performeurs autour du cul.

Et pour la petite touche “sitcom américaine” qui nous montre qu’il y a une morale à tirer même dans une pub de coton tige, il est important de préciser que même si certaines performances peuvent faire sourire (ce qui est normal) ou qu’on peut juste trouver ça complètement con (ce qui est normal aussi), il y a toujours une intention et une réflexion derrière ces actes. Plus ou moins cachées, plus ou moins engagées, mais ça reste des œuvres d’art.

Rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle édition d’Histo’Art de Cul et portez-vous bien d’ici là !